UNION NATIONALE GEM FRANCE

Forum de discussion de l'UNION NATIONALE GEM FRANCE - Fédération des GEMs de France


Vous n'êtes pas connecté. Connectez-vous ou enregistrez-vous

audition Assemblée nationale (suite)

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas  Message [Page 1 sur 1]

Monsieur le Député,
Madame,
Pour compléter sur les sujets que nous n'avons pas eu le temps d'évoquer dans cette courte mais intéressante audition, à propos du développement des GEM.
Après 8 ans sur le terrain plusieurs remarques méritent que nous réfléchissions sur l'avenir de ces structures pour le moment assez préoccupant.
La première des constatations c'est que si le concept est indéniablement intéressant parce qu'il apporte un bénéfice certain aux usagers, son application sur le terrain n'a pas été préparée.
Le mouvement des usagers est encore aujourd'hui dans notre pays très fragile, il a peu évolué. Malgré les textes et les directives les droits des usagers sont peu connus des intéressés eux-mêmes, appliqués inégalement sur les territoires et difficiles à faire respecter.
 
Les 230 GEM qui se sont créés immédiatement fin 2005 début 2006 l'ont été essentiellement par des professionnels de la gestion du handicap. Seules 30 associations d'usagers existantes ou créées ex nihilo ont présenté aux DDASS des dossiers de création de GEM.
Ce mouvement ne s'est pas inversé au cours des années suivantes.
 
Actuellement seuls 24% des GEM existants sont autonomes c-à-d gérés, administrés, animés par des usagers, l'association loi 1901 qui en est le coeur étant l'employée des animateurs.
Deux raisons à cela.
La première est que très peu d'usagers ont été préalablement formés aux règles associatives, à être des employeurs, administrateurs et gestionnaires.
Depuis 2006 les formations qui ont été proposées aussi bien par la FASM Croix Marine, L'UNAFAM, la FNAPSY n'ont pas répondu de façon pragmatique aux nécessités du terrain.
La plupart mettant en évidence des théories et des pratiques concernant avant tout la psychiatrie.
 
Les textes portant cahier des charges sont jusqu'à présent très évasifs sur les rôles de chacun et ne font pas le distingo entre le rôle de parrain et celui de gestionnaire ont eu pour résultat de mettre la très grande majorité des GEM et donc des usagers sous la tutelle de professionnels.
Nous nous trouvons à présent devant une masse de soit-disant GEM à propos desquels l'association d'usagers occupe un rôle de potiche gèrant la caisse des cafés, structures dans lesquelles les professionnels créateurs sont à la fois gestionnaires,employeurs et parrains interprétant le cahier des charges à leur grè.
 
Sur le site de UNGF nous avons défini ces deux rôles en précisant - parce que c'est l'expérience du terrain qui nous y incite - que
- la gestion doit faire l'objet d'une convention annuelle, renouvelable, ne contenant aucune clause potestative ligotant le GEM "client",
- le parrainage permettant de jouer un rôle de conseil, de médiateur en cas de conflit ou de difficulté entre les protagonistes, partageant des compétences associatives avec les usagers.
 
Nous constatons qu'il est grandement préjudicialbe que ces deux rôles, à peine de conflit d'intérêt, soient joués par le gestionnaire professionnel comme c'est le cas dans près de 80% des GEM.
 
Nous avons également constaté deux situations conflictuelles sur lesquelles il faut réfléchir à propos des animateurs.
 
- soit les animateurs abusent de la répugnance des responsales usagers à prendre des mesures d'autorité et par exemple accumulent les arrêts de travail sur plusieurs mois paralysant l'activité du GEM;
- soit ce sont les animateurs qui sont en souffrance, la structure lieu de leur travail est gérée et administrée par leur employeur gestionnaire professionnel empêchant qu'ils exercent leur coeur de métier auprès des adhérents par méconnaissance du cahier des charges ou indifférence à l'appliquer dans les règles. 
 
Le rôle des ARS est également discutable. Elles ne partagent pas toutes la même culture. Les turn-over des personnels obligent à changer trop souvent d'interlocuteurs et il arrive que tout se joue au niveau des connaissances personnelles. Ce qui empêche parfois un contrôle impartial de la véracité des documents portés aux dossiers de demande de financement par le gestionnaire professionnel. Nous avons pu le constater sur deux dossiers représentatifs avec des gestionnaires-parrains-employeurs et deux ARS trop confiantes.
 
Le financement.
Depuis 8 ans la subvention en provenance de la CNSA (dont on nous dit à présent que c'est un forfait)  n'ayant pas été augmentée depuis son premier versement nous nous trouvons coincés : loyers augmentés, salaires augmentés, fournitures et prestations augmentées et un choix bientôt à faire entre des GEM-garderies ou continuer à permettre l'accès à la culture, la mise en oeuvre de pratiques de réinsertion efficace dans la cité, l'offre d'activités de bon niveau.
Nos animateurs n'ont aucune possiblité d'évolution de carrière dans nos petites structures nous aimerions au moins pouvoir leur assurer un salaire convenable à la hauteur de travail accompli auprès de nos adhérents, et une protection sociale digne d'eux.
 
Et pour terminer :
la mise en conformité des locaux recevant du public exigible dès 2015. Beaucoup des locaux utilisés ne sont ni magnifiques ni tous aux normes parce que nous avons eu bien du mal à trouver des propriétaires ou des gérants acceptant des personnes soignées en psychiatrie. Nous nous sommes rabattus par nécessité dans des locaux de second choix. Question : qui va payer ces travaux ? Si nous les prenons sur les budgets des GEM cela signifie pour une bonne partie d'entre nous une fermeture de local pendant des mois et le chômage technique pour nos animateurs faute de pouvoir à la fois assumer le coût des travaux et le fonctionnement du GEM.
 
Nos propositions :
Le cahier des charges doit être précis concernant les rôles du gestionnaire et du parrain. Faute d'y parvenir les usagers resteront sous tutelle dans ces structures dont il était convenu qu'elles soient créées "par les usagers pour les usagers avec les usagers".
Encourager les formations indispensables au fonctionnement, à la gestion et à l'administration des GEM par les Associations d'usagers qui en sont le coeur.(CREAI, FNARS,URIOPS etc..)
Revaloriser dès que possible la subvention annuelle suivant l'indice de l'augmentation des prix
Mettre les ARS en situation de soutenir et d'aider à l'autonomie les Associations d'usagers dans les GEM.
Concernant la représentation des usagers, dans certaines Régions la seule possible se situe au niveau des responsables associatifs dans les GEM, auxquels il faudrait allouer des frais de représentation dans une enveloppe modeste à définir, indépendante de la subvention de fonctionnement du GEM.
 
Espérant avoir été utile à vos réflexions et restant à votre disposition pour plus d'informations,
Veuillez agréer, Madame, Monsieur le Député, mes très sincères salutations.
 
Maïté ARTHUR
Présidente
Union nationale GEM-France
unionatgemfrance@gmail.com
06 21 52 82 35
 
 
 
 

 
 

>

Voir le profil de l'utilisateur

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut  Message [Page 1 sur 1]

Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum