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audition à l'Assemblée nationale

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1 audition à l'Assemblée nationale le Jeu 11 Juil - 1:05

Audition du mardi 9 juillet 2013 à l'Assemblée Nationale

Intervention de l'Union Nationale des GEM de France

Les soins sans consentement doivent être l'exception en matière de soins. Il est inutile de préciser de « soins en psychiatrie » puisqu'il n'y a que cette branche de la médecine qui y recourt. Cette exception ne doit être mise en œuvre que lorsque les pratiques habituelles de la clinique ont échoué.

Il nous apparaît donc nécessaire que on établisse formellement et par écrit, lors de la mise en œuvre de soins sans consentement non seulement pourquoi ils sont indispensables mais aussi pourquoi les soins opérés en amont ont été inopérants.

La règle en matière de soins en psychiatrie respectant les droits des patients est énoncée dans la convention signée et ratifiée par la France à l'ONU. Le formalisme (les certificats) est un outil contre l'abus de croit, il doit donc être suivi scrupuleusement aux étapes énoncées dans le texte.

La justice, particulièrement concernant des personnes vulnérables en souffrance, doit s'exercer et s'appliquer avec mesure : nécessité d'organiser des lieux où recevoir les magistrats, avocats et justiciables. Il nous semblerait convenable, le cas échéant,de mutualiser un espace dans l'un ou l'autre des établissements de soin aménagé pour ce faire.

La judiciarisation de la privation de liberté en psychiatrie doit être maintenue ici comme elle l'est pour tous les citoyens avec toutes les  règles de déontologie qui s'imposent. Il nous apparaît nécessaire que l'équipe soignante n'assiste pas à l'audience même si celle ci est publique. Nous pensons que la présence d'une personne de confiance qui serait, par exemple, un représentant des usagers-pairs appartenant au Conseil de surveillance d'un hôpital ou d'une CRUQPC ou mandaté par une Association d'usagers (GEM) pourrait aider à améliorer la qualité des débats.

Une justice équitable ne peut-être organisée en quelques heures. Choisir un avocat ou le nommer, que celui-ci se rende disponible, lise et connaisse le dossier assez complexe en la matière,  fasse connaissance avec son client et organise sa plaidoirie demande sans doute un délai raisonnable. Nous préconisons que cette audience soit organisée entre 7 et 10 jours après le début de la procédure, le patient ne pouvant pas être retenu contre son gré sans recours trop longtemps.

Nous étant consultés et concertés avec les organisations d'usagers pertinentes au plan du droit comme le CRPA et le GIA nous soutenons leurs propositions d'amendements de cette loi. Nous pensons également qu'une circulaire devra préciser les points particuliers (à propos par exemple du « soin renforcé » dans les UMD) n'entrant pas stricto sensu dans le registre de la loi. Concernant les soins obligatoires mais non contraints, nous estimons que leur durée doit être limitée à six mois.

L'évolution de la clinique, l'apport d'expériences voisines à la France ont opéré une modification radicale dans la pratique des soins en psychiatrie : équipes mobiles, accompagnement à domicile, SAMSAH, SAVS, médiateurs pairs en santé, ces initiatives ont pour résultats actuels que :
85% des patients en psychiatrie sont déjà soignés dans les structures extra hospitalières,
sur les 15% des soins sans consentement, 60% sont consentis !
y compris lorsque pour trouver un lit il a fallu à l'équipe et aux proches recourir à une HDT
De facto cette loi est non seulement une loi d'exception au plan des droits des citoyens mais elle est une loi d'exception concernant le faible pourcentage des personnes concernées. Le fait que toute personne puisse y être assujettie consisterait en un abus du droit.


En conclusion, le souhait des usagers quasi unanime est que cette loi soit abrogée.
Sans doute, en raison de « la continuité de l'Etat «  elle ne le sera pas. Seuls des ajustements y seront apportés dans un premier temps. Nous espérons avoir l'occasion d'y revenir prochainement. Nous parlons ici de  l'avenir de la psychiatrie et du soin sans consentement.

Alors n'oublions pas que la toute première rencontre du sujet avec la psychiatrie arrive la plupart du temps entre 17/20 ans dans une période pendant laquelle il est naturel d'être dans le déni de la maladie. La jeunesse c'est l'avenir, la santé, les projets.

Il serait nécessaire de proposer des « lieux d'apaisement de crise » dans lesquels du personnel en nombre suffisant et particulièrement formé permettrait un accueil serein, bienveillant aux personnes qui arrivent en « crise » c'est-à-dire en grande souffrance. Elles sont alors terrorisées par ce qui leur arrive et qu'elles ne comprennent pas, agressives parce qu'envahies de symptômes qui les dé-construisent, démunies au bord d'un gouffre.

De cette première rencontre dépendent les soins de suite sur le long terme. Tous les témoignages le confirment le souvenir en reste, indélébile. Les personnes bien traitées, bien accueillies, mises en confiance et rassurées, accepteront plus volontiers l'idée d'avoir à se soigner voire de se soigner.

Quant aux soins obligatoires mais non contraints il est nécessaire de les assujettir à un terme, six mois suffisent la plupart du temps pour arriver à sortir de la crise et à élaborer un projet de soin pour le long terme. Quitte à revoir le « contrat de soins » dans une bonne alliance thérapeutique c'est -à-dire avec le consentement de la personne concernée.

Au niveau du « parcours de soin » il nous apparaît indispensable que les autorités de santé, (au même titre que cela s'organise en diabétologie, cardiologie, …), initient un projet de grande envergure d'éducation thérapeutique pour aider les usagers à mieux comprendre leur maladie, à mieux la gérer et donc à mieux appréhender les périodes de crise. Nous sommes convaincus que cela permettra de diminuer le nombre des soins sans consentements de manière significative.



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