UNION NATIONALE GEM FRANCE

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<http://blogs.mediapart.fr/edition/contes-de-la-folie-ordinaire/article/060211/les-pairs-aidants-pseudo-generosite-et-deri>

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Bon, ça y est, je suis allée râler sur Mediapart. Fallait… Voici le texte :

"Et voici l’armée réac de sortie, il y avait longtemps.

L’empowerment n’est ni une propagande ni une réponse facile aux problèmes auxquels les usagers/patients ont à faire face au sein de l’institution psychiatrie/-trique. Il en va de même pour la notion de « recovery ».
Ce ne sont pas des notions made in USA, n’en déplaise aux amateurs d’effets faciles et mal informés. Ce sont des concepts issus du mouvement usager activiste, qui émane autant des USA, que de la Grande Bretagne et de certains pays du Nord de l’Europe qui sont nettement en avance sur la France en matière de réflexion profonde sur la place réelle des usagers/patients, études scientifiques et écrits à l’appui.

L’empowerment, encore plus que « recovery » (qui a été usurpé par nombre de professionnels et aux politicards de la santé pour en donner un sens qui leur convenait), et dans une application pleine et positive s’éloigne du paternalisme très haut teint dont sont nettement imprégnées les réponses à ce texte grotesque de Guy Baillon (grotesque du fait qu’il représente le dernier volte-face en date de la part de son auteur en la matière et dans sa façon aveugle de soutenir la Fnapsy, cette prétendue organisation d’usagers) ainsi que l’approche actuelle des services de santé mentale français.

«… La France est le seul pays non seulement à avoir créé la psychiatrie de secteur (c’est-à-dire nouant un lien avec la même équipe de soin et son lieu de citoyenneté, l’adresse sur sa carte d’électeur) » :

- Euh, non, le RU a une politique de psychiatrie de secteur depuis le début des années 90 et les petits Français sont souvent venus voir ce qui se passait justement au RU à cette époque là.

« Nous avons dit que toute psychiatrie est le reflet de la culture ‘du’pays qui l’abrite. Les pays étrangers évoqués n’ont pas expérimenté pendant 60 ans la psychiatrie de secteur ni la psychothérapie institutionnelle » :

- En dehors du fait que l’argument tient assez peu debout devant la réalité, cette arrogance et cette suffisance française sont vraiment insupportables.
D’autres personnes, dans d’autres pays, ont su développer d’autres façons de travailler avec certaines situations psychiques tout en obtenant un réel succès. Par exemple le Mouvement des Entendeurs de Voix (voir les travaux de Marius Romme et collègues), qui exporte maintenant un modèle de l’approche des voix que la psychothérapie institutionnelle reconnaîtrait tout à fait, mais qu’elle n’a pas développé à terme, à savoir en mettant en place des groupes d’entraide, dirigés par des usagers (formés), qui représentent un exemple édifiant de réel succès thérapeutique et… d’empowerment.

Et ainsi de suite… Il y a beaucoup de désinformation dans ce texte mal informé et paternaliste.

Ce qui ne veut pas dire que je suis en faveur du concept des pairs aidants à la française. Personnellement, je soutiens toute implication des usagers au sein des institutions officielles psy à condition qu’ils ne soient pas rémunérés par celle-ci afin d’éviter tous conflits d’intérêts et de minimiser les possibilités de manipulation de la part des dites institutions.
Les usagers « advocates » anglais sont des travailleurs caritatifs qui viennent travailler au sein des hôpitaux et autres lieux (prisons, postes de police, tribunaux dont tribunaux administratifs ou judiciaires etc.). Cette indépendance leur permet d’avoir une bien meilleure assise afin de soutenir, représenter et protéger les droits des patients, puisque tel est leur travail. Ces droits sont relatifs aux traitements, à l’information, à l’admission sous la contrainte, à la résolution de conflits, etc.).

Il existe nombre d’exemples au RU, en Allemagne etc., de lieux entièrement gérés par des usagers, par exemple des maisons de crise à Bradford (près de Leeds dans le Nord de l’Angleterre) ou la Weglauhaus, près de Berlin, fondée en 1996. Si ces lieux, gérés donc par ces malades que vous pensez incapables de s’occuper d’autres personnes, en crise ou autre, étaient une menace pour le bien-être des personnes qui viennent y trouver refuge, pour la société, pour l’institution même psychiatrie, il y a longtemps que cela se saurait, qu’ils auraient été dénoncés pour leur dangerosité et fermés.

Ce qui n’est pas le cas de nombreux services psy encadrés par de vrais professionnels tout ce qu’il y a de plus qualifié mais qui, pour certains, continuent de maltraiter nombre de patients de diverses façons, dont la maltraitance psychique (chantage, humiliations, privations etc.), les soins sous la contrainte défiant les termes même de la Convention des Nations Unies relative aux droits de la Personne Handicapée que la France a signée et ratifiée (texte de loi) etc.

Anne-Laure Donskoy
Usagère activiste et chercheur indépendante."

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