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A propos de la réforme de la loi...

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1 A propos de la réforme de la loi... le Mar 24 Mai - 18:47

De la science-fiction ? Nullement. Et la scène pourrait se passer bientôt dans n’importe quel hôpital psychiatrique de France.

C’est une personne bien agitée, bien perdue, qui arrive aux urgences. Elle est seule, aucun membre de sa famille ne l’a accompagnée. Et, d’ailleurs, a-t-elle de la famille ? L’homme est effondré, en larmes, confus, mais il ne veut pas se faire hospitaliser. C’est ainsi. Les médecins qui l’auscultent hésitent. On appelle le directeur de l’établissement. Et celui-ci signe le certificat d’hospitalisation «pour péril imminent». Le directeur, quelle drôle d’idée ? Mais voilà, c’est dans le texte de loi qui réforme les conditions d’hospitalisation en psychiatrie en France, en débat cette semaine, en seconde lecture à l’Assemblée nationale.

Notre patient est donc hospitalisé contre sa volonté dans un secteur fermé. Les secteurs sont presque tous fermés en France, ce qui pose un problème pour ceux qui sont venus volontairement se faire prendre en charge. Qu’importe… Pendant trois jours, soixante-douze heures, comme le veut encore la nouvelle loi, notre malade sera isolé, pris en charge, médicamenté, voire mis dans une chambre d’isolement - appelée désormais chambre de soins intensifs. Pendant trois jours, aucun regard extérieur ne pourra interférer. A l’issue de ce délai, les psychiatres décideront, ou pas, de la poursuite de cette hospitalisation. Les optimistes diront que pendant ces trois jours, les médecins auront eu le temps de gérer la crise et de convaincre le patient de rester à l’hôpital.

Disons que cette fois-là, notre patient n’a pas été convaincu, et que c’est toujours contre sa volonté qu’il reste à l’hôpital. Au bout de quinze jours, nouveau branle-bas de combat. Il doit passer devant un juge au tribunal de grande instance de son lieu d’hospitalisation, car désormais ce dernier doit donner son feu vert à la poursuite de l’hospitalisation sous contrainte.

Comment cela va-t-il se passer ? Trois cas de figure. Le malade est amené par deux soignants auprès du juge. Autre possibilité, une salle a été aménagée à l’hôpital pour recevoir le juge, dans laquelle se tiendra l’audience. Enfin, tout peut se faire par vidéoconférence. Le patient étant jugé peu apte à se déplacer, c’est le juge qui l’interrogera par le biais d’une caméra. On peut imaginer la scène : un malade, assommé de médicaments, terrorisé par l’œil de la caméra et devant répondre aux questions du juge. Peut-on, dès lors, parler de grande avancée thérapeutique, voire de l’assurance d’une meilleure prise en charge ?

On peut en douter. D’ailleurs, sur quels critères le juge va-t-il donner son aval à une décision qui se veut médicale ? Heureusement pour le patient, en tout cas, que tout cela aura été fait «pour son bien».

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